Chaplain, découverte et interview

Chaplain, découverte et interview
Chaplain, découverte et interview

Par : Julio,

On dirait qu'il est né sur scène, et pour le moins il y vit Rencontres avec un musicien qui réjouit, météore dans le large univers de la chanson française

2005 : La découverte

2 juillet 2005, le festival des Terre Neuvas de Bobital accueille de grands noms de la variété française et internationale, ainsi que de jeunes pousses bretonnes, parmi lesquels un certain Chaplain des Côtes d'Armor, dont nous n'avions jamais entendu parler, venant pourtant du département voisin du Morbihan. Certaines personnes rencontrées au fil des concerts nous assurent néanmoins que c'est du tonnerre, festif et pêchu à la fois. Très bien leur disons-nous, mais nous irons voir quand même Gérard de Palmas sur le même horaire, parce qu'il est connu et qu'on ne l'a jamais vu (argument sous-entendu).

Mais De Palmas déçoit une foule qui n'accroche pas, et nous décidons alors d'aller écouter la fin du concert du si prometteur Anthony Chaplain. Une fois sur place, nous n'en revenons pas : le chapiteau qui abrite la scène est bondé de gens de toutes générations sautant partout d'une joie manifeste. En quelques minutes, nous aussi sommes ivres de l'énergie descendant de la scène où se produit un jeune homme survolté et rageur, dont la foule reprend ses refrains avec toute la force qu'elle peut mettre dans sa voix. Un titre surtout m'interpelle, c'est la version rock décoiffant d'Emmenez-moi, le succès romantique de Charles Aznavour. Nous terminons le concert épuisés et ravis. Nous venons de faire connaissance avec la tempête Anthony Chaplain, qui risque dans les prochains mois de s'abattre musicalement sur la France avec embruns et fortes bourrasques.

Aux Terre Neuvas

2006 : Premier concert à Paris

14 juin 2006, j'ai suivi de loin en loin l'actualité du musicien, en particulier la sortie de son album en février 2006. Ce soir, il se produit à la Boule Noire, à Paris, et c'est sa première* scène parisienne.

La Boule Noire est une petite salle promettant un concert intime et chaleureux, et y règne une chaleur moite. La chanteuse Skye y termine la première partie, jouant des chansons rythmées et modernes avec sa seule guitare pour accompagnement. Une mise en oreilles tranquille et complice, avant le déferlement promis du jeune raz-de-marée breton.

Avant que le concert ne commence, je remarque que la salle est loin d'être pleine ; rien d'étonnant pour une première, mais j'ai quand même une idée sur la raison de cet absentéisme (voir interview). Tant mieux, nous aurons plus de place pour sauter et lancer des farandoles comme l'an dernier à Bobital, me dis-je, confiant.

Chaplain commence très fort avec son titre Ouvrez grand les oreilles, si entraînant que je m'attendais à l'entendre plutôt à la fin, au moment des rappels. Mais Chaplain est comme ça, entier, et il donne d'entrée une pêche terrible au concert, énergie que celui-ci gardera tout au long du concert. Une endurance qu'on n'est pas habitué à constater chez la jeune génération de la variété française, plus encline aux fredonnements parlés qu'aux déchaînements vocaux.

L'album de Chaplain se présente à nous tout au long du concert, avec quelques surprises chaleureuses comme la reprise des Copains d'abord de Brassens. Un clin d'½il, Les Copains d'abord étant le nom du premier groupe de Chaplain, quand il avait... neuf ans ! Je n'aurais jamais cru sauter autant sur du Brassens... il faut dire que le rythme a un peu évolué sous l'accordéon de Chaplain ! Et enfin, en hommage à son public de l'Ouest, il joua -sans les chanter-, quelques classiques du répertoire traditionnel breton, que je suis à peu près certain d'être le seul à avoir reconnu !!!

Au bilan, il en sort un concert vivant, un moment de grande euphorie pour le chanteur comme pour ses fans parisiens qui n'ont pas cessé de reprendre avec lui ses refrains les plus fameux ( Marie la Dondaine, le môme, le thonier, Vite cours...). J'ai un regret cependant : le public parisien, comme toujours, hésite à se lâcher complètement et à faire la fête, comme s'il était au cinéma. La réputation tristoune des Parisiens n'est décidément pas usurpée... le plus étrange étant que les mêmes personnes, une fois en province, se seraient probablement déchaînées ! Le regard des autres est, je crois, un poids trop lourd dans certains endroits...

http://www.artmaniaque.com/

# Posté le jeudi 26 octobre 2006 06:00

Interview pour l'Artmaniaque.com

Interview pour l'Artmaniaque.com
Le concert terminé, j'ai pu profiter de quelques instants avec Anthony Chaplain, comme arrangé auparavant avec le sympathique producteur Jean Mora.

Julio : Salut Chaplain, j'ai passé ces derniers jours à écumer les sites te concernant et tes précédentes interviews, mais il manque certaines réponses à mes questions.
Chaplain : Salut à toi, et merci à l'Artmaniaque d'avoir demandé cette interview.

Interview : Le concert

J : On a eu droit à quelques surprises musicales ! C'est la première fois que tu les proposes ?
C : Oui, tout à fait. J'ai fait quelques clins d'oeils musicaux, au public en général, et aux Bretons en particulier. Sur les Copains d'abord , mes musiciens n'étaient même pas au courant, je le leur ai dit sur scène !

J : C'est le nom de ton premier groupe...
C : Pour l'anecdote, on était le plus jeune groupe en moyenne d'âge répertorié à la SACEM !

J : Ce soir, pour ta première scène parisienne, à quel genre d'ambiance t'attendais-tu ?
C : Je n'avais pas peur de ce qui pourrait se passer. Avant ça, j'ai fait 10 ans de bals, à essayer de mettre l'ambiance dans des contextes plutôt coincés, alors j'ai l'habitude des publics difficiles. Mais les salles parisiennes sont réputées pour être compliquées. Je ne pense pas que c'est parce qu'ils n'osent pas « faire les cons », mais plutôt parce qu'ici, il y a une telle offre en terme de spectacles que ça donne des publics assez blasés si tu n'es pas très connu.

J : T'imaginais-tu face à un public connaisseur ?
C : Oui, du moins en partie. Quand certaines personnes ont chanté « Ce mec est amoureux » avec moi, ça m'a fait super plaisir.

Le public
J : D'ailleurs en parlant de public, quel est le tien ?
C : Et bien, d'abord il y a beaucoup de filles, ce qui me surprend assez mais n'est bien sûr pas pour me déplaire ! C'est toujours pratique de trouver quelqu'un avec qui dormir ! (il rigole) Plus sérieusement, c'est surtout des 18-25 ans, mais je vois aussi des tronches de 40 ans dans mes salles, ça donne un public assez large en fin de compte. Chacun vient à mes concerts pour faire la fête, bouger sur des airs entraînants avec des textes que j'espère pas trop "cons".

J : Le nombre de jeunes et cette proportion de filles s'expliquent-ils par l'explosivité de la musique ou par certains textes très fleur bleue ?
C : Je dois admettre que Ce mec est amoureux est un peu comme ça, un peu cul-cul, non ? Mais je crois que c'est un tout, mon public se reconnaît dans la musique comme dans les textes.

J : La musique de Chaplain va-t-elle toucher d'autres générations, ou bien des personnes qui ne goûtent pas forcément les airs bretons à la Merzhin ou à la Chaplain ?
C : Je veux toucher un plus large public et ne pas m'enfermer sous une étiquette « rock breton », car d'abord ce n'est pas exact. La vérité c'est que les morceaux qui ont cartonné au début comportaient de telles caractéristiques. Du coup, on m'a traité de produit marketing, on m'a collé des étiquettes. Au moins, on parle de moi c'est déjà ça (il se marre). Au bout du compte, à moi de prouver qui je suis en réalité.

J : C'est ton premier concert sur Paris et la salle était loin d'être pleine... D'après ce que j'ai lu sur les forums, le prix du ticket d'entrée a un peu refroidi les gens... Ce n'est pas un dommage pour un personnage aussi simple et accessible que toi.
C : Tout à fait ! Je l'ai trouvé cher également... Pour un concert de lancement, et compte tenu de la jeunesse d'un public qui ne travaille pas forcément encore, sincèrement moi aussi ça m'aurait refroidi. Mais tu sais, ce n'est pas moi qui décide du prix des tickets...

Le personnage de Chaplain
J : Sur les pochettes des albums, tu fais une tête de beau gosse, mais tu portes un accordéon, qu'on associe rarement à une tronche de macho viril, de même que l'étiquettes "des Côtes d'Armor" qui suit ton nom. C'est voulu pour la rigolade ?
C : Bon, tant qu'à être un chanteur décalé... On m'a déjà surnommé l'OVNI, j'aime provoquer. Je me fous pas mal de ce qu'on pense de mon apparence et des stéréotypes du show business. Maintenant, on a enlevé le suffixe "des Côtes d'Armor" pour éviter qu'on m'attribue l'étiquette "Fabriqué en Bretagne".

J : Vingt-deux ans, une assurance de guerrier et une voix qui porte le public... as-tu l'intention d'aller loin comme ça ?
C : Déjà, je viens de loin ! Avec mon groupe "les Copains d'abord", on était le plus jeune groupe répertorié à la SACEM ! J'avais neuf ans ! Ma carrière va suivre le chemin qu'elle aura, je ne suis pas pressé... cet été (le 22 juillet) je vais jouer la première partie de Johnny, c'est un nouveau pas pour moi.

J : Ta devise est "d'aller toujours de l'avant", quel est le but d'un jeune chanteur quand il se lève le matin ?
C : Mmm, je me lève plutôt vers midi... et je pense d'abord à aller manger au Petit Navire, chez moi au Val-André. Je suis capable d'y rester toute la journée sans rien faire...

Les textes
J : On ne peut pas voir émerger un jeune talent et ne pas le comparer à ses aînés... De Matmatah (Marie la Dondaine) à JJ Goldman (Les on-dit) en passant par Renaud (L'écharpe, Ce mec est amoureux), tes chansons nous rappellent des grands noms !
C : Hou la, je ne me réfère pas à d'autres artistes quand je compose ! Cela dit la référence à Goldman ne me surprend pas car j'adore cet artiste qui m'a influencé et forcément il en reste des traces.... De plus, certaines chansons que tu cites n'ont pas été écrites pour moi... Par exemple, "L'écharpe"" a été écrite pour Reggiani à l'origine. Malheuseusement il a disparu avant de l'écouter ..

J : Les chansons de l'album sont difficiles à classer tellement les thèmes se recroisent...
C : C'est pour ça qu'on a retardé la sortie de l'album de cinq mois... j'ai pris plus de temps pour peaufiner l'harmonie des textes, afin d'offrir un album le plus cohérent possible. J'espère que c'est réussi.

J : J'ai essayé d'identifier trois sujets qui semblent importants pour Chaplain et son public. Le premier, c'est celui de l'Invitation au bonheur et au voyage.
C : Ca correspond à ma vision de la vie. Le message que je cherche à faire passer dans ces chansons assez dynamiques est pour les jeunes : foncez, réalisez vos rêves, bougez-vous dans cette société où Le Pen fait 15%.

J : Le message n'est-il pas un peu naïf ? La jeunesse descend dans la rue pour d'autres motifs que celui de cueillir la vie...
C : C'est clair que l'attitude des jeunes est celle d'une génération désespérée, qui a l'impression que même si elle trouve un job, elle bouffera des pâtes à la maison ! C'est d'autant plus important de garder des rêves... et de voyager grâce à la musique entre autres.

J : Ensuite, tu chantes les filles extraordinaires (Bénévole, Marie la Dondaine...). Ce sont les Bretonnes qui t'inspirent ?
C : (rigole) non, non, pas seulement. Disons que dans ces chansons il n'y a pas que celles qui sont passées dans mes bras,... mais surtout toutes les femmes d'exception ! Si je devais donner un nom à la fille de "Bénévole", ce serait Mère Théresa...

J : Enfin, certaines chansons évoquent le Destin, et le refus de la fatalité (Le même, Papa, la mort à vie...). Ce sont des chansons tristes qui viennent de tes expériences ?
C : Oui, tout à fait. Certaines évoquent des épisodes pénibles dont j'ai fait le deuil en les écrivant... ça vient d'un besoin personnel avant tout.

La musique
J : Tu as utilisé dans une interview précédente une définition qui colle bien je trouve : je cite "un mélange de pop-rock-celtico... enfin c'est un mélange de plein de genres avec des textes assez cohérents sur une musique qui bouge avec des airs celtiques et des grosses guitares électriques". On est d'accord, tu ne fais pas de la musique celtique, mais tu contribues à la faire vivre ?
C : Tout à fait, c'est exactement ça. Ce n'est pas mon objectif de jouer du breton, que du breton.

J : Sur ton site il est écrit que tu as joué, à une époque, de la variété jazz manouche. C'est loin derrière toi où tu y reviendras un jour ?
C : Il est vrai qu'après les bals, j'ai monté un groupe "promotion canapé", guitare basse batterie et moi au piano dans un style piqué de Jazz-manouche. Je me suis toujours intéressé a cette rythmique, et j'espère, pourquoi pas un jour faire une chanson dans ce style.

J : Comment vois tu ton style musical dans 5 ans ? Dans 2 ans ?
C : J'espère qu'il restera le même, peut-être un peu plus intimiste comme papa ou la mort à vie. Je garderai toujours cette touche celtique qui me tient à coeur.

Les Celtes
J : Carlos Nuñez m'a dit que la musique celte vivrait par ses évolutions, qu'il était très important de la mélanger à plein de genres. Accordes-tu antant d'importance à la culture celtique ?
C : Je suis né avec cette culture là, j'ai été bercé avec cette musique Bretonne, celte, il n'y avait pas un week end ou je n'allais pas au Fest Noz. Je suis fier de cette musique, fier de mon pays, fier de ma Bretagne...

J : A la dernière St Patrick tu étais au THDS à Puteaux, te verra-t-on un jour à Bercy pour la nuit de la st patrick ?
C : J'aimerais y participer un jour, je l'espère de tout coeur, mais je ne veux pas m'enfermer dans la musique celtique. Comme je l'ai dis plusieurs fois, je fais ou j'essaie de faire de la chanson françaiseà co-notation celtique, et non pas de la chanson bretonne en français !

J : Quels sont tes projets ? Quelques festivals ? Tu travailles à un nouvel album ?
C : Un nouveau single est en préparation pour le mois de septembre, et encore plein de concerts ! Kénavo

(• Il est pourtant déjà apparu dans la capitale en tant que Première partie d'autres artistes.)
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# Posté le jeudi 26 octobre 2006 05:18

Un petit message pour vous...

Un petit message pour vous...
Un petit message d'Anthony Chaplain pour tous les fans...
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# Posté le jeudi 26 octobre 2006 05:05

Un autre pour la route ...

Un autre pour la route ...
Un autre pour la route ...

# Posté le lundi 23 octobre 2006 10:17

La rencontre des fans

La rencontre des fans
La rencontre des fans

" Le 10 mai 2006, Anthony Chaplain a donc fait une show-case au Virgin Mégastore de Rennes. Ce qui a permis a certains fans de se rencontrer comme, Jessica22, Petilou, Liloulouli29,Lolo, Rambo, Amande3522. Certains fans qui s'étaient donnés rendez-vous et ont donc pu se rencontrer, et discuter un peu avant que ça ne commence ainsi qu'en attendant pour les dédicaces. Petite rencontre bien sympa !!! à bientôt... en attendant la prochaine... "

Mais aussi ma rencontre avec Anthony !!

# Posté le lundi 23 octobre 2006 10:16